Une opération militaire impliquant des avions d’un pays indéterminé a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi dans le nord du Mali, dans un secteur frontalier où serait retenu en otage un ressortissant français, rapportent des responsables maliens.
Des tirs ont eu lieu mercredi soir au cours de cette opération, menée quelques jours avant l’expiration d’un ultimatum fixé par les islamistes qui retiennent en otages Michel Germaneau, âgé de 78 ans, enlevé le 22 avril dans le nord du Niger. “Il y a eu des affrontements dans le secteur, des tirs ont été entendus. Nous ignorons s’il s’agissait de heurts entre soldats et preneurs d’otages”, a déclaré un responsable de la région de Kidal, dans le nord du Mali, limitrophe avec le Niger et l’Algérie. “Il y a eu beaucoup de rotations d’avions militaires à l’aérodrome de Tessalit”, a dit le même responsable. On confirmait par ailleurs de source militaire à Bamako qu’il y avait eu des accrochages.
De source proche des services de sécurité dans la région, on déclarait qu’une opération militaire liée à l’otage français avait été menée, et l’on disait ignorer quelles forces y avaient pris part et si l’opération avait été couronnée de succès. Citant des sources diplomatiques, le journal espagnol El Pais écrit sur son site internet que des hommes des forces spéciales françaises ont mené une opération jeudi à l’aube, destinée à libérer l’otage Germaneau.
UN ENREGISTREMENT DIFFUSÉ EN MAI
Ces forces, ajoutent El Pais, ont tué six “terroristes” mais n’ont pas trouvé l’otage, pas plus que la base où il était censé être détenu, base que les forces spéciales avaient localisée par avance avec l’aide des services américains. Le gouvernement espagnol, continue El Pais, a été informé de l’opération juste avant son déclenchement et s’est vivement inquiété pour la sécurité de deux otages espagnols censés être détenus par le même groupe depuis huit mois. Nul n’était disponible jeudi soir au ministère espagnol des Affaires étrangères pour réagir aux informations d’El Pais.
A Paris, un porte-parole du ministère français de la défense a déclaré jeudi à Reuters : “Pour l’instant, on ne communique pas sur le sujet. Nous n’avons pas assez d’éléments.” Michel Germaneau, ingénieur à la retraite qui a travaillé dans le secteur pétrolier en Algérie, a été capturé le 22 avril dans le nord du Niger, près de la frontière avec le Mali et l’Algérie.
L’Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique) a menacé le 12 juillet de l’exécuter quinze jours plus tard si le gouvernement français ne se plie pas d’ici là à ses exigences. L’Aqmi réclame en échange de son otage la libération de prisonniers et affirme que sa vie relève désormais de la responsabilité du président Nicolas Sarkozy. Le groupe islamiste a diffusé en mai une photo et un enregistrement audio de Michel Germaneau. Celui-ci se disait en mauvaise santé et demandait à Nicolas Sarkozy de trouver une “bonne solution”.
Tiemoko Diallo à Bamako et Paul Taylor à Paris, Eric Faye pour le service français
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La performance des Français à l’US Open a été à l’image de leur saison en Grand Chelem: ils ont réalisé des parcours honorables qui nous laissent sur notre faim, le tout sur fond de petites ou grandes polémiques. Tsonga, Monfils, Simon, Gasquet tous sont logés à la même enseigne : la transition.
LE TGV A PETITE ALLUREDepuis 2008, le tennis français est sur de bons rails. Reste à passer à la vitesse supérieure. Quand on rêvait des performances de la locomotive du TGV français en 2009 (un “Tennis à Grande Vitesse” symbolisé par la bande des quatre Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon, Gaël Monfils et Richard Gasquet), on s’est contenté de découvrir de nouveaux paysages. Sur fond de polémiques, blessures et nouvelles approches techniques, les Français se sont montrés constants mais pas brillants. Un bien pour un mal, un réajustement certainement nécessaire, qui a transformé les quatre majeurs en quatre étapes de transition. L’US Open a confirmé cette tendance pour chacun des principaux joueurs.
RALENTISSEMENTS INVOLONTAIRES
A Melbourne, Jo-Wilfried Tsonga avait une grosse patate, de l’énergie à revendre et une motivation à tout casser. Un problème au dos avait malheureusement brisé sa dynamique. Les genoux et le poignet douloureux de Gaël Monfils l’ont empêché d’être à son maximum à Roland-Garros, de participer à Wimbledon, et de préparer parfaitement l’US Open. Et le genou droit de Gilles Simon n’a pas tenu de Roland-Garros à Flushing Meadows. Dans l’hexagone, on a une tradition de la blessure. La malchance n’est peut-être pas uniquement en cause ? On peut se consoler avec quelques bonnes nouvelles : Tsonga semble gérer à la perfection ses propres soucis (dos, genoux) et a fait un effort pour perdre du poids cet été, et Monfils prend toutes les précautions pour préserver son organisme. L’objectif est de durer, personne ne s’y trompe.
PASSAGES A NIVEAU
En achetant les billets Melbourne-New York, via Paris et Londres, les supporters français ne s’attendaient pas à franchir autant de passages à niveau. Après deux demi-finales et une finale en deux ans, on attendait une montée en puissance des leaders bleus. C’est une grande phase de transition qu’ils nous ont offerte :
. Jo-Wilfried Tsonga: A Melbourne, sa blessure au dos ne lui a pas permis de s’exprimer. Ensuite, il décide de changer de raquette 15 jours avant Roland-Garros. C’est la première fois qu’il dispute le tournoi en tant que top 10, un tournoi d’évaluation réussi (huitièmes de finale). On l’attendait à Wimbledon, il y échoue tristement face à Ivo Karlovic. Il arrive ensuite à l’US Open dans les meilleures conditions possibles, quelques doutes sur ses retours excepté. Il en ressort déçu après un match contre Fernando Gonzalez qui a révélé ses faiblesses actuelles: ses retours encore, son jeu au filet surtout, trop délicat en revers, et un certain manque d’adaptation tactique. Cette saison de confirmation, loin d’être finie puisque JWT doit encore défendre son titre à Bercy et peut encore aller à Londres (Masters), est somme toute logique. Ce n’est que sa deuxième saison complète ou presque sur le circuit.
. Gilles Simon: Jusqu’ici, le métronome de la bande a autant de raisons d’être satisfait de son année que d’être frustré. Il n’a jamais joué aussi bien en Grand Chelem : un quart en Australie, un huitième à Wimbledon et deux seizièmes. Et pourtant, comme il l’avouait récemment lui-même, il manque d’un match référence, d’une grosse perf, une demi-finale ou une finale sur les majeurs pour asseoir définitivement son statut de top 10. Entre une grosse crise de confiance au printemps et des problèmes de rotule récurrents, “Gilou” peut être heureux de ses résultats. A condition de les considérer comme un apprentissage, une nouvelle transition. Pour ce joueur à la progression très régulière, disons même discrète, c’est la première fois depuis cinq ans qu’il “plafonne” un peu. Sans que cela se ressente en termes de résultats, il faut insister là-dessus.
. Gaël Monfils: Le boxeur, le puncheur, le marathonien, “le meilleur athlète du circuit” selon Murray et Roddick, a “une grosse caisse” mais n’arrive pas à la faire résonner dans les grandes occasions. La faute à… des pépins physiques, c’est ennuyeux. Après une préparation quasi-militaire avec Roger Rasheed, on l’annonçait comme plus affûté que jamais et il s’était blessé à Melbourne (face à Simon d’ailleurs en huitièmes). Le reste de la saison sera sur le même ton, du moins en Grand Chelem. A Roland-Garros, il passe plus de temps avec une machine à “dérouiller” le genou que sur le court, et atteint malgré tout les quarts et pour la deuxième année consécutive, il fait l’impasse sur Wimbledon. A l’US Open, il annonce qu’il est prêt à défier Rafael Nadal physiquement, mais il n’a toujours qu’une heure et demie d’autonomie dans les jambes et les bras, et consent à dire, après la rencontre, qu’il manquait de préparation.
A force de se focaliser sur l’impact physique et une sort d’hyper-motivation (souvenez-vous de ses références à la boxe cette quinzaine), on a l’impression qu’il en oublie la partie tactique. Monter au filet pour bousculer un Nadal épatant en fond de court, c’est possible. S’appuyer sur son grand service pour aller plus vite de l’avant, c’est possible. Comme Tsonga, Monfils a confirmé qu’il était prêt à souffrir pour devenir constant. Depuis 2007, il a d’ailleurs atteint le 3e tour de tous les tournois du Grand Chelem auquel il a participé. Depuis 2008, il a atteint au moins les huitièmes. La phase de consolidation est terminée, on attend le décollage.
. Richard Gasquet: Ce n’est pas un passage à niveau que “Richie” a connu en 2009, c’est un long arrêt en gare. Comme Tsonga à l’US Open, il avait commencé la saison par une leçon de Grand Chelem donnée par Fernando Gonzalez à Melbourne. Un match en cinq sets que l’on pouvait interpréter de deux façons : une défaite en cinq sets de plus ou une belle lutte face à un joueur qui touchait les lignes. Ensuite, au lieu de voir la renaissance du prodige à Roland-Garros, c’est à sa chute que l’on a assisté. Et sur la place publique. L’affaire de Miami l’a éloigné du tennis pendant trois mois. A Flushing Meadows, on le retrouve face à Nadal, avec un revers inchangé mais un fond de jeu trop léger. La saison de la reconquête est devenue la saison de la vérité. Si Gasquet se remet de ce qu’il lui est arrivé, il lui faudra reprendre là où il s’était arrêté à Melbourne. Comment va-t-il relancer la machine ? Nadal lui avait offert son soutien hors du court, et une référence pour s’étalonner sur le court. A suivre.
A SAVOIR : Après les élections de la FFT en février, la réduction d’effectif au Team Lagardère et le départ du DTN Patrice Dominguez, les réunions au sommet de tous les acteurs du tennis français à New York, ont énervé quelques joueurs, dont Tsonga lui-même, qui se plaignait de ne pas être suffisamment informé.
LEURS RESULTATS EN GRAND CHELEM EN 2009
Open d’Australie: 3e tour : Gasquet, 1/8 : Monfils, 1/4: Tsonga et Simon
Roland-Garros: 3e tour : Simon, 1/8 : Tsonga, 1/4: Monfils
Wimbledon: 3e tour : Tsonga, 1/8 : Simon
US Open: 1er tour : Gasquet, 3e tour: Simon, 1/8 : Tsonga et Monfils
LES AUTRES
Jérémy Chardy est la plus belle progression de l’année chez les Français. En Grand Chelem, il est cependant en pleine phase d’apprentissage face aux joueurs du top 10. Paul-Henri Mathieu va mieux, mais il plafonne dans les grands tableaux. Julien Benneteau, qui a subi les changements du Team Lagardère, s’est relancé, sans pour autant revoir les lumières des quarts de finale d’un majeur comme à Roland-Garros en 2006. Un petit clin d’oeil pour finir : Josselin Ouanna a gagné trois matches cette saison, trois matches en Grand Chelem. Encore un effort. Fabrice Santoro a disputé son 69e et dernier tournoi du Grand Chelem à l’US Open, pour un quart de finale au total et deux huitièmes…
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Le président Lula a choisi de précipiter son choix à l’occasion de la visite à Brasilia de Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy n’a pas fait un aller-retour au Brésil pour rien. Le chef de l’État est rentré, la nuit dernière, à Paris, avec le premier contrat de ventes du Rafale. Un succès politique, diplomatique et industriel pour le président français puisque l’achat de ces trente-six avions de chasse représente un contrat d’environ 5 milliards d’euros. Son homologue Lula a confirmé, lundi soir, que son armée de l’air allait se doter de l’avion de combat français pour renouveler sa flotte aérienne. C’est la première fois qu’un pays étranger s’équipe de l’avion construit par Dassault Aviation (le groupe Dassault est propriétaire du Figaro).
L’annonce par le président brésilien est une surprise, même si, ces derniers jours, il avait laissé poindre sa préférence pour l’offre française plutôt que celles des concurrents américains et suédois. Mais Lula a choisi de précipiter son choix compte tenu de «l’étendue des transferts technologiques proposés», peut-on lire dans la déclaration commune distribuée aux journalistes. «Ce qui est important, c’est d’avoir accès à la technologie pour qu’on puisse produire les avions au Brésil», a renchéri Lula.
Contrat «historique»
Une négociation exclusive va se poursuivre pour aboutir à l’achat définitif des Rafale. En contrepartie, la France s’est engagée à acheter dix avions de transport militaire brésiliens (des Hercule C-130) pour un montant de 500 millions d’euros. «Ce sont des accords absolument historiques», s’est exclamé Sarkozy lors de la conférence de presse commune, en promettant que la «France sera un partenaire fiable».
Ce double contrat militaire concrétise le partenariat stratégique engagé entre les deux pays depuis 2006. «Nos deux peuples ont beaucoup de choses en commun. La France ne veut pas simplement vendre au Brésil et le Brésil ne veut pas simplement acheter» , a souligné Lula. Pour aboutir à ce résultat, les négociateurs français auront travaillé toute la nuit. Initialement, l’armée brésilienne ne devait révéler son choix qu’en octobre. Le premier avion devrait être livré en 2013. Selon un militaire tricolore, «les six premiers appareils seront assemblés en France et les suivants au Brésil». Le temps pour les ingénieurs locaux de maîtriser la technologie française. Selon l’Élysée, ce contrat représente 6 000 emplois sur quatre ans.
Ce contrat «historique» sur les Rafale vient s’ajouter à ceux conclus l’an passé. Les Brésiliens ont commandé à la France 50 hélicoptères et quatre sous-marins militaires conventionnels, plus la construction de la coque de leur futur sous-marin nucléaire. Le tout pour un montant de 6,7 milliards d’euros, soit l’équivalent d’une année de contrats militaires. «Cela fait 11 milliards en deux voyages», se félicitait lundi l’Élysée. Sarkozy veut voir dans ce succès la récompense de son engagement au côté du Brésil. «Depuis que je suis élu, je me bats pour que ce grand pays ait une place de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. L’acharnement a payé», a-t-il confié en marge de son déplacement en guise d’explication, alors qu’aucun de ses prédécesseurs n’était parvenu à vendre le Rafale.
L’amitié entre Sarkozy et Lula a été déterminante. «Avec Lula, on est d’accord sur la quasi-totalité des dossiers. Je sais que c’est dur à croire. Mais le président Lula est un homme pragmatique, concret et qui tient parole.» Lundi, Lula a déroulé le tapis rouge pour son «ami» Sarkozy. Le chef de l’État était l’invité d’honneur de la fête nationale. Une première pour un président étranger depuis 1822. Le passage des Alpha Jet de la Patrouille de France, avec leurs traînées bleu-blanc-rouge dans le ciel de Brasília, a impressionné les autorités et les milliers de Brésiliens massés le long des huit kilomètres de l’axe monumental de la capitale.
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